Après le premier tiers de l’année

Le premier tiers de l’année tennistique s’est terminé dimanche à Miami, avec la 26e victoire consécutive de Novak Djokovic (série de victoires en cours depuis décembre et la finale de la Coupe Davis), qui est donc 24-0 pour l’année.

 

Mais il n’est pas le seul à avoir marqué ces trois premiers mois par ses bonnes performances. En effet, plusieurs autres joueurs se sont illustrés depuis janvier et, à l’aube de la saison sur la terre battue européenne, j’ai cru bon de vous parler de mon tableau d’honneur du début de la saison. C’est en ordre aléatoire, bien sûr, mais l’exercice en vaut la peine et je vous invite également à le faire.

 

Le premier de classe

Avec des titres à l’Open d’Australie, Dubaï, Indian Wells et Miami, difficile de passer par-dessus Novak Djokovic et son dossier parfait. Un peu comme il est arrivé à Fernando Verdasco au début de 2009 suite à la victoire de l’Espagne en Coupe Davis, mais avec encore plus de talent brut, Nole a vraiment pris beaucoup de confiance après avoir aidé son pays à remporter le tout premier Saladier d’argent de son histoire et ça s’est traduit avec du jeu incroyable depuis le début de la saison, où il a notamment défait Roger Federer trois fois (en ne lui concédant qu’une manche) et Rafael Nadal, deux fois (les deux fois revenant de l’arrière après avoir perdu la première manche). La question demeure entière alors que la saison européenne sur terre battue s’apprête à commencer : s’il a tout raflé sur surface dure, la terre battue arrêtera-t-elle le Djoker?

 

Les Espagnols aussi ont été très bons!

Il y a deux Espagnols en particulier dont le début de saison mérite d’être souligné : David Ferrer et Nicolás Almagro. Si le premier a particulièrement bien fait durant le mois de janvier, remportant le tournoi d’Auckland et participant aux demi-finales de l’Open d’Australie, en plus de mettre la main sur son deuxième titre à Acapulco à la fin de février, il a tout de même légèrement déçu par la suite. Toutefois, je m’attends à beaucoup de sa part dans les deux prochains mois (j’y reviendrai plus tard cette semaine). Le second, de son côté, n’a pas brillé sur surface dure, mais a été particulièrement épatant lors de la tournée sur la terre battue sud-américaine, remportant les tournois de Costa do Sauipe et Buenos Aires, en plus d’être finaliste à Acapulco.

 

Une mention spéciale également à Tommy Robredo, qui a connu un excellent début de saison avant qu’une blessure ne vienne interrompre sa belle remontée au classement, marquée par un titre au tournoi de Santiago et une demi-finale à Buenos Aires.

 

Les revenants

Ils ont tous deux raté un grand pan de la saison dernière (presque toute pour l’un d’entre eux), mais leurs retours au jeu respectifs ont été, chacun à sa façon, très remarqués. Bien sûr, on ne peut parler du début de 2011 sans parler du retour de Juan Martín del Potro, qui a raté presque une année complète en raison d’une blessure à un poignet, et qui est maintenant en train de faire rapidement son retour parmi l’élite du tennis. Après des premiers tournois océaniens plutôt tentatifs, où nous avons pu voir que bien que la mentalité de champion était toujours présente, le corps avait (littéralement) un peu de difficulté à suivre le rythme et le synchronisme n’y était pas toujours, la partie sur dur américain a été, pour l’Argentin, un franc succès, avec des demi-finales à San Jose et Memphis, un titre à Delray Beach, puis une participation aux demi-finales à Indian Wells et un quart à Miami, où il a défait son premier adversaire du top 10 depuis son retour au jeu. Tombé aussi bas que le 485e rang mondial à la fin janvier, Delpo est maintenant au 45e rang et continuera de monter d’ici la fin de l’année. Au train où vont les choses, il ne faudrait pas se surprendre de le retrouver tout près ou dans le top 10 au début de l’automne, surtout qu’on ne l’a jamais vu lâcher le morceau durant un match, même quand il était en voie de le perdre.

 

L’autre revenant digne de mention, c’est Ivo Karlovic. Le Croate a raté une bonne partie de 2010 en raison d’une déchirure à un tendon d’Achille et a mis beaucoup de temps à retrouver ses marques (mais pas son puissant service) en début de saison, perdant beaucoup des points qu’il avait accumulés l’an dernier et reculant jusqu’au 239e rang mondial, lui qui était dans le top 30 au moment de sa blessure. Toutefois, Dr Ivo a montré des signes plus qu’encourageants, particulièrement en atteignant les quarts de finale du tournoi d’Indian Wells (l. Rafael Nadal), mais surtout en jouant avec une beaucoup plus grande variété que par le passé. À 32 ans, on peut dire qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire et le géant croate le montre bien.

 

L’explosion de Milos Raonic

Il est impossible de parler du début de la saison sans parler de l’explosion du meilleur espoir du tennis canadien, Milos Raonic. Peu connu des amateurs en-dehors du Canada, Flaming Milos a commencé l’année au 156e rang mondial avant de vraiment se faire découvrir durant l’Open d’Australie, où il a battu coup sur coup Michaël Llodra et Mikhail Youzhny (alors dans le top 10), avant de baisser pavillon face à David Ferrer en ronde des 16, non sans lui avoir pris le premier set. Dans les semaines qui ont suivi, le jeune Canadien au service de feu a notamment remporté le tournoi de San Jose (un premier titre ATP en simple en 15 ans pour un joueur canadien), puis fait la finale au tournoi de Memphis et été l’artisan de la victoire du Canada contre le Mexique en Coupe Davis. Il a atteint le troisième tour à Indian Wells et, alors qu’il était pour la première fois tête de série dans un tournoi ATP, s’est incliné au deuxième tour à Miami.

 

La question qu’on peut se poser est si Raonic sera capable d’atteindre le top 10 dès cette année. N’ayant que très peu à défendre, c’est possible, mais la compétition est féroce dans les hauts échelons du classement et Milos n’en est qu’à sa première année. Le potentiel, par contre, est bien là! En plus, Raonic est calme et posé depuis le début de l’année, ce qui lui sert particulièrement bien, lui qui est connu pour avoir eu quelques problèmes à ce niveau par le passé.

 

Des mentions très spéciales

D’abord à Robin Söderling, qui a tout de même remporté trois titres depuis le début de l’année, dont deux coup sur coup à Rotterdam et Marseille, en plus de mettre la main sur le titre à Brisbane en début d’année. L’association du grand Suédois avec l’Italien Claudio Pistolesi aura finalement connu d’excellents résultats dès le départ et s’il est toujours un aussi féroce compétiteur, Söderling semble maintenant s’amuser beaucoup plus sur le court et ça fait du bien à voir.

 

Des mentions très spéciales, aussi, aux jeunes Alexandr Dolgopolov et Ryan Harrison, qui ne cessent d’épater depuis le début de l’année. Certes, Harrison n’a que 18 ans, dispute sa première saison sur le circuit et n’est pas vraiment constant, mais il n’en demeure pas moins que la variété de son jeu est très belle à voir et que, s’il poursuit son développement dans cette veine, il sera assurément un joueur à surveiller dans les prochaines années. Quant à Dolgo, qui a atteint à Santiago sa première finale ATP en carrière, il est l’un des joueurs les plus excitants à surveiller, de par ses frappes inventives et son plaisir manifeste de pratiquer le sport dans lequel il est immergé depuis sa plus tendre enfance. Très bon sur l’ocre, l’Ukrainien devrait faire son entrée dans le top 20 au cours des prochaines semaines et ce serait mérité.

 

Ne paniquons surtout pas…

… dans le cas de Roger Federer et Rafael Nadal. Federer a commencé la saison en force en s’imposant à Doha, avant de perdre en demi-finale à Melbourne, puis en finale à Dubaï, puis encore en demi-finale à Indian Wells, les trois fois contre l’homme de l’heure, Novak Djokovic. Sa défaite en demi-finale de Miami face à Nadal est un peu plus difficile à accepter pour ses fans, mais j’y vois plus l’effet d’une mauvaise journée qu’un déclin définitif quoique, il faut l’admettre, à 29 ans, les meilleures années du Maître suisse sont définitivement derrière lui. Toutefois, Federer est connu pour être comme un phénix et renaître de ses cendres quand tous l’avaient enterrés. J’ai donc l’impression qu’il n’a pas dit son dernier mot.

 

Quant à Rafa Nadal, après que sa course au Rafa Slam ait été brusquement freinée à la fois par David Ferrer et une déchirure musculaire en quarts de finale de l’Open d’Australie, il a joué deux excellents tournois à Indian Wells et Miami, tournois dans lesquels il a fait la finale, et sa montée en puissance laisse sous-entendre qu’il devrait exploser dans son carré de sable, surtout qu’il n’a remporté aucun tournoi depuis Tokyo, en octobre 2010. Après tout, ce travailleur acharné n’est pas no 1 mondial pour rien.

 

Mentions moins honorables…

… à Andy Murray, d’abord, lui qui s’est encore une fois écrasé en finale de l’Open d’Australie et qui n’a gagné aucun match depuis. Ses histoires de coach ont plus fait jaser que ses prouesses sur un court et j’espère pour l’Écossais que non seulement il trouvera un entraîneur capable de lui réapprendre à canaliser son caractère et à convertir ses bouillants états d’âme en rage de vaincre plutôt que de s’apitoyer sur son sort, mais aussi de jouer avec constance et avec le moins d’attentisme possible. Le talent lui sort par les oreilles et il serait bon de le voir dans de meilleures dispositions d’esprit.

 

Un autre qui a énormément déçu depuis le début de l’année est l’Espagnol Fernando Verdasco. Le Madrilène a connu un début de saison en dents de scie, subissant sa part de défaites inexplicables et faisant plus parler de lui pour ses réactions suite à ses deux défaites consécutives aux mains de Missile Milos que pour la qualité de son jeu. C’est dommage, car le gaucher est un puissant serveur, doté d’un coup droit qui est un régal à regarder et qui est, en plus, bourré de talent. Mais trop souvent, la tête ne suit pas.

 

À venir

Un aperçu de ce qui nous attend durant la saison sur terre battue.

16 Commentaires

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16 réponses à “Après le premier tiers de l’année

  1. encore encore !!!🙂

    j’ajouterais peut-être les belles remontées au classement du Lionceau, du Suisse qui perd de moins en moins et de Wasabi😉
    ainsi que le « pathétisme » de Gulbis👿 et le déclin inéluctable des vieilles jambes (Ljubidou et A-Rod)😐

  2. Demain, demain!:mrgreen: Demain, je parle de terre battue.

    Effectivement, j’aurais pu parler de Gasquet, Wawrinka, Fish depuis qu’il est remis de son problème de thyroïde, et de beaucoup d’autres choses. Mais ça aurait donné un billet vraiment très long.😉

    Et le pathétisme de Gulbis est définitivement une mention très peu honorable que j’aurais pu faire.

  3. @virgi et Vampire
    Merci!!! et « bonne fete » Vampire… ben quoi!? les Vampires renaissent tous les soirs alors…😉

  4. Formule1Jo

    Ah la terre battue… Je ne sais pas pourquoi, mais dès que j’ai commencé à suivre le tennis, ça a toujours été la partie de la saison que je déteste le plus… (ça date quand même de 1987) 😛

  5. Pourtant, si Sampras n’y a pas excellé, Roger y est très bon.😉

    Pour ma part, depuis que je suis les Argentins et autres quelques-uns des Espagnols, j’apprécie de plus en plus chaque année, même si je n’aime pas trop la prédictibilité des tournois quand Nadal y est.😛 C’est toute une machine de terre battue, mais ça rend les tournois trop prévisibles…

  6. Formule1Jo

    Sampras n’a jamais été mon favori. 😉
    Mais j’ai beaucoup aimé le bad boy Thomas Muster. Expert de la surface.
    Mais je n’ai pourtant jamais été très adepte de la terre battue…
    Je regarde quand même, c’t’ivident!! :mrgreen:
    Mais je ne suis jamais déçue quand arrive le gazon et le dur.
    J’peux pas expliquer clairement pourquoi la surface est celle que j’aime le moins.

  7. @Fojo, pcq sur la TB, ca frappe-retour-frappe… j’ai le temps de faire le menage de ma cabane, faire le souper pour 5, visite le Louvre, se taper les operas de Wagner… pi le points ne sont pas encore finis!!!:mrgreen:

    WTA-Marbella
    – Un autre tournois que Safina battre une tete de serie, malgre quelques bagel depuis le debut de l’annee… avec une possibilite de jouer contre Vika, impressionnante ce AM dans sa victoire contre Arantxa Parra.
    – Kutzzy a besion de 3 sets pour battre une qualifiee… Mona Bathel (who?)
    – Rezai a choque sur 3-6 0-6 contre un WC😯

    WTA-Charleston
    – Christina McHale, 19 ans, semble etre sur la bonne voie 61 60 contre Kleybanova (elle a eu une victoire contre Kuzzy a IW). Elle m’a impressionne, meme blessee, dans un match perdu contre Masha a USopen 2009. Elle est nomme sur l’equipe de Fed cup. On verra si Mary-Jo va la choisir ou Oudin pour le simple… Miss Vee suit l’equipe, sans jouer, pour etre elligible pour les jeux olympic 2012 (Oracene doit mordre ses doigts, car elle a tweeter sur la furtilite de cette coupe lorsque ses filles n’y jouent pas… Elle a manque l’occasion de se taire… pfff)
    – Patty Schnyder mentionne que ce serait la derniere fois qu’elle joue a Charleston… Retraite bientot !?!

    ATP
    Au Maroc, 3 tetes sont tombes, incluant Baghz… pfff

  8. jbsport

    @ fojo

    À mon avis, c’est une question de visuel.
    Souvent les images d’un tennis joué sur un terrain presque brun ne sont pas bonnes à la TV.
    Quand on se force pour voir la balle et qu’on la devine plus qu’autrechose, ça fait diminuer l’intérêt.
    Comme nous sommes à la remorque des diffuseurs USA qui n’ont pas eu souvent de grands spécialistes de la surface, c’est un autre facteur.
    J’ai toujours pensé que la meilleure surface de jeu pour regarder un match sur place, c’est la red clay, c’est aussi la pire pour le spectacle TV.
    Cependant, avec les TV en HD d’aujourd’hui, c’est beaucoup mieux qu’en 1987.😉

  9. Formule1Jo

    T’as pas tort jbs. 😉
    C’est vrai que c’est pas très beau à la télé…
    Et avec mon ancienne télé, j’avais de la misère à suivre la tite baballe jaune!!!! :mrgreen:
    J’ai réglé le problème il y a 1½ an avec ma télé HD. Mais j’ai quand même hâte à Wimbledon!!!! (même si c’est rendu du gazon battu…) 🙄

  10. @Fojo et vampire
    Je propose de la terre battue Bleue alors… ce n’est pas Ion Tiriac qui a suggere ca pour Madrid? Visionnaire ce gars😆 (dsl Victo, je sais que tu l’aime beaucoup!!! EEEK!)

  11. PS: la balle a change de sa couleur ivoire pour la couleur jaune… c’est justement pour accommoder la vieille TV de Fojo…😉

  12. Formule1Jo

    Ma vieille tv, je l’ai donnée à la St-Vincent de Paul!!!!
    Je ne me suis jamais ennuyée depuis!!!! 😆

  13. À dire vrai, la balle est plus facile à suivre à la télé que sur mon écran d’ordi… même maintenant que j’ai un écran HD! C’est vraiment la seule chose que je déteste vraiment de la saison sur terre battue. Le tennis peut parfois être incroyable (même si certains échanges peuvent être longs en titi, comme l’a bien illustré Lapin😆 ), mais ce qu’on peut mal voir la balle à l’ordi!😦

  14. @ Les filles…

    Come on les filles! Le vrai tennis, c’est sur terre battue, devriez savoir ça! Quand les américains ont réalisé qu’ils ne rivaliseraient jamais avec les Européens, ils ont changé toutes leurs surfaces incluant celles du désormais célèbre Forest Hills. Et s’ils doivent « recevoir » en Coupe Davis, guess what…lolol🙂

    Mais plus sérieusement, l’ocre est le « great equalizer »! Que tu sois un Karlovic ou un Raonic, tu deviens un de la gang! La balle est ralentie au bond et le point doit se « gagner » à la sueur de son front….comme faisait JB dans le bon vieux temps….de même que le doyen…lol!🙂

  15. @ Loko

    Je l’ai dit, j’aime de plus en plus le tennis sur terre battue, même si les longs échanges sont parfois, justement, longs. Tout de même, il y a de très belles pièces de jeu qui s’y font et d’excellents matchs qui s’y jouent.🙂

  16. Première partie de mon aperçu de la portion sur terre battue maintenant en ligne. Bonne lecture!